En 2006 pour ce troisième projet nous avions rendez-vous
en ville, ensemble, un photographe et un bouilleur...
Voici un extrait de ce qui a été exposé.
photographie Sophie Girod
Egouts mortels
C'est dans un hangar en plein centre de Pékin que Chang, jeune chinois de trente et un ans, entrepose des centaines de bouches d'égout en fer. Ces pièces de métal, dérobées durant la nuit, sont empilées en tours de différentes tailles, représentant une ville fantomatique, vide de toute vie. Vision pessimiste de l'environnement direct de l'artiste. L'oeuvre est magistrale. Cela fait cinq ans que Chang travaille à ce projet.
Diplômé de la célèbre "Contemporary Art School of Beijin", cet artiste connu pour son art extrême, refait parler de lui. Des années plus tôt, après avoir scié la base de nombreux arbres dans Pékin, il avait installé un système vidéo déclenché par cellules qui immortalisait la chute des arbres en direct. Suite à ce travail, il avait réalisé des miroirs géants qu'il plaçait sur un axe routier. Et à nouveau, son système vidéo immortalisait les accidents créés par les véhicules pris de panique. Ces deux projets avaient provoqué cinq morts et 23 blessés, ainsi que des dégâts estimés à un million cinq cent mille euros. Après avoir purgé une peine de dix ans de prison, il a été libéré sous caution. La somme de quatre-vingt mille euros a été versée par une galerie américaine de renom.
Les trous béants laissés sur les trottoirs par son nouveau projet ont déjà fait trois victimes?
Nadia Dupont
photographie André Dupont
La beauté Ma ville cherche en vain son apothéose. Ses toits ne bavardent pas ensemble. Les attiques rivalisent de bravoure au dessus de l'incohérence. La grue a perdu sa tête et sa longue patte traîne dans un autre chantier. Personne n'a bâti la passerelle mentale qui eût fait l'endroit plus beau, embrasser l'ancien et le nouveau. Et pourtant...que d'allées possibles, que de places, de cordes tendues par mon rêve de ville. J'efface souvent les verrues de pierre et j'enterre les automobiles, je raccorde des fractures et j'écoute des traces. Alors les murs me le rendent bien qui me renseignent sur les plans futurs.
Quelqu'un ici est-il en charge de la beauté? Qu'il vienne, je lui offrirai le sol où bêche ma mémoire.
Nourredine Ben Bachir
photographie Thomas Guiot
Anonymat
Qui suis-je au sein de ce boulevard encombré ? Si ce n?est une fleur anonyme que la ville ne verra jamais!
Riccardo Lampariello
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